C’est l’époque des sondages et des bilans de fin de saison. Chaque magazine, site Internet, journal ou même forum de fans se lance dans cette grande question qui a le mérite de susciter les réactions passionnelles les plus extrêmes : qui a été le meilleur? Réponses objectives et mauvaise foi sont souvent au rendez-vous, statistiques et réécriture de l’histoire à l’appui, mais certaines analyses permettent toutefois de donner un panorama relativement représentatif de l’opinion des observateurs de la F1.
Ainsi, vous avez probablement lu cette information concernant le choix des lecteurs British (c’est important) du Times, à la question « Quel fut le meilleur pilote de la saison 2008 ?». Hamilton? Détrompez-vous! C’est bel et bien son ami « je n’ai pas de problème avec Lewis » Alonso, qui a été élu! Ainsi, la grande information que l’on peut retirer de ce sondage, est que les observateurs anglais aiment la F1 pour la F1, et non pas uniquement pour Hamilton. J’entends de plus en plus de Britanniques me dire qu’il y en a ras-le-bol du Hamilton ceci, Hamilton cela lors des retransmissions télévisées de ITV. Il faut dire qu’à Monza, pendant que Sebastian Vettel se dirigeait vers la toute première victoire de sa carrière, sur Toro Rosso, faisant de lui le plus jeune vainqueur de l’histoire de la F1, Steve Rider, le commentateur d’ITV, nous gratifiait d’un « Vettel mène toujours la course, mais regardez, Hamilton, a encore gagné une place et pointe maintenant à la 14ème position »!
Malgré tout, recadrons les choses, il est logique que l’on se soit emballé Outre-Manche pour Lewis dans la mesure c’est l’enfant du pays, qu’il luttait pour le titre, et était dans l’œil du cyclone suite à sa manœuvre discutable et discutée dans la chicane de Spa. Mais les fans avertis (et un homme averti en vaut deux comme disait si bien Coluche) se seront tout de même lassés du fait que certaines retransmissions ne gravitent qu’autour de Lewis. Les spectateurs ont leur propre jugement et n’acceptent que difficilement qu’un commentateur TV leur suggère de quoi penser à propos d’untel ou untel. En revanche, les jugements et partis-pris sont bien mieux tolérés à la radio ou dans la presse écrite, où prises de positions radicales sont bienvenues, pour ne pas dire attendues fermement.
Ainsi, j’en profite pour adresser une amicale pensée à mon messie Julien Fébreau, de RMC, que j’ai rencontré pour la première fois passablement énervé par le snobisme dont avait fait preuve Nelsinho Piquet à son égard lors d’une interview (tandis que son compère Patrick Tambay fulminait contre l‘adversaire ayant envoyé son fils aux pâquerettes en Formule BMW). Les ondes françaises avaient alors crépité de bons mots; les oreilles de petit Piquet ont dû également siffler et crépiter quelque peu.
Pierre Van Vliet, ayant été le premier à m’offrir un espace publié dans son F1i Magazine spécialisé, n’a pas manqué non plus, régulièrement, de me rappeler à quel point l’engagement de celui qui tient le stylo est important. Au risque de faire grincer des dents. Pierre fut l’un de ceux qui osa, sans détour, proposer sa vision désabusée de l’affaire Max Mosley, ne cherchant aucunes excuses au Président de la FIA pour ses actes hors-pistes, comme pour certaines de ses prises de décisions politiques.
Pour en revenir à nos moutons (mais non, je ne parle pas des fans!), cette année, j’ai participé au sondage du Red Bulletin; décalé, comme vous pouvez vous en douter. L’une des questions outrancières de ce questionnaire était « quand Fernando signera-t-il chez Ferrari? »… On pouvait aussi dire qui serait un bon patron d’écurie (la rédaction a sans doute reçu un paquet de private jokes des insiders du paddock pour celle-ci), ou encore qui serait champion 2009, une irrévérence classique du Taureau qui donne des ailes quand on sait que le titre 2008 n’était même pas joué, le sondage ayant eu lieu lors du GP du Japon.
La question qui m’a le plus intéressée fut celle où l’on demandait aux sondés de déterminer qui était le pilote méritant le plus d’être en F1 l’an prochain. Je ne vous dirai pas qui j’ai désigné, mais il s’agit d’un pilote en activité.
Depuis quelques années, cependant, le sondage le plus représentatif et complet est celui mené par la revue internationale F1 Racing. Souvent en partenariat avec un gros sponsor, le magazine spécialisé lance cet hiver encore son grand sondage, appelé « Man of the Year ». Les chiffres des différentes récompenses sont ensuite décortiqués par la rédaction et permettent de sortir à l’intersaison un numéro spécial garni d’une vingtaine de pages sur le sujet. Au passage, les lecteurs sont interrogés sur les aspects qui pourraient être changés dans leur sport favori, et leur voix est utilisée pour proposer aux instances dirigeantes du sport des évolutions concrètes et une image de l‘opinion publique sur des sujet comme l’introduction du KERS, le retour aux slicks, ou encore sur l’importance des vues de caméra embarquées et des communications radio dans une retransmission TV. Mais il s’agit aussi pour le magazine d’un redoutable outil commercial, permettant de définir quelle est la cible non seulement du sport auto, mais du magazine.
Ainsi, l’étude menée (mais pas publiée dans le titre) révèle que sur les 15.000 personnes ayant répondu au sondage Internet 2007, 86% sont des hommes; 68% sont propriétaires, 61% ont assisté à un Grand Prix dans l’année, 30% sont Britanniques, 1% Indiens, sans parler des statistiques accumulées sur les revenus du foyer ou du nombre de véhicules possédés. Un test de reconnaissance des marques impliquées en F1 est également proposé. Ainsi, un sponsor d’écurie peut clairement savoir si sa marque est associée par les fans à la F1. Un procédé redoutable, qui permet par la suite de cibler encore plus précisément les contenus publicitaires du magazine et de proposer, rassurez-vous, tout le monde n’en veut pas qu’à votre argent, un contenu plus approprié par rapport à vos attentes.
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mercredi 19 novembre 2008
mardi 11 novembre 2008
Du vent, du vrai, du vent...
Les spéculations vont bon train, comme toujours, en F1.
On entend des choses folles jaillir de partout. Les contrats sont faits pour être rompus, ou réinterprétés, de nos jours. Ainsi, il a fallu du temps avant que la tenace rumeur de la venue d'Alonso chez BMW ne prenne fin. En réalité, elle a continué à enfler pendant plusieurs semaines, en dépit de la confirmation de Nick Heidfeld au sein du line-up 2009.
Cela veut-il dire que les négociations se poursuivent après que les annonces officielles sont faites à la presse? Cela peut arriver. Dans ce cas, on parle plutôt d'arrangements. Un contrat moteur, un gros sponsor, une nationalité, un intérêt commun à faire un échange de pilote sont autant de bonnes raisons qui peuvent pousser une équipe à reconsidérer ce qui ne devrait pas l'être.
Dès lors, ne vous étonnez pas si vous entendez cet hiver des rumeurs inquiétantes au sujet d'un possible déchapage hivernal de Nakajima de chez Williams. Certaines personnes disent que si le Japonais a été confirmé, l'équipe n'en reste pas moins à l'affût d'une autre opportunité. Cela veut-il dire que le souriant jeune pilote devra faire ses preuves course après course lors des premiers GP 2009 pour avoir une chance de finir la saison? Probablement pas. Mais la rumeur est la rumeur. Et plus c'est gros, plus on gobe.
La dernière en date, je ne résiste pas à vous la raconter. Elle est aussi grosse et farfelue qu'un hippopotame, mais se propage, et trouve des clients. Elle disparaîtra soudainement. Mais elle est apparue. Et c'est bien ça qui est sympathique, au fonds. Evidemment, elle vient de gens français, des gens qui prennent sans doute plaisir à broder autour d'un scénario qui ne serait pas des plus désagréables pour notre représentant à lunettes!
Alors comme ça, Alonso reste chez Renault en 2009? Alors comme ça, Renault a la pression de Ghosn pour aligner un pilote français?
Les Rumeurs :
N°1 : Fernando pense encore à Ferrari? Eh bien, certains lui ont trouvé un pont. En dépit de ce qui est dit chez les Rouges, on aurait besoin d'un nouveau pilote en 2010, la saison 2011 de Raïkkönen n'étant qu'une option. Nicolas Todt, qui sait cela, manage Sébastien Bourdais, et voit là l'occasion en or : un échange Bourdais/Alonso entre Renault et Toro Rosso en 2009. Bourdais en France, tout le monde (ou presque) est content, Alonso peut rester un an tranquille chez Toro Rosso et être libre pour récupérer l'année suivante le baquet Ferrari et faire équipe avec Massa. Aucun risque d'y perdre en réputation:on sait l'ibère volatile, et on a la sensation depuis quelques temps que pour lui, tous les chemins mènent à Maranello. Sa cote ne peut y perdre, Toro Rosso pourra réaliser des coups d'éclat; dans le cas contraire, on dira que c'est normal car le champion Espagnol n'avait pas la voiture à la mesure de son talent. Quand à Seb, il aura là l'occasion de montrer une seconde saison, avec une machine, et un coéquipier sur le papier moins destructeur de carrière qu'un Vettel, de quel bois il se chauffe.

N°2 - L'autre rumeur que j'ai entendue récemment est intéressante également, beaucoup plus tangible, selon moi, d'autant plus qu'elle semble relativement bien renseignée. Elle dit qu'un plan sur le long terme aurait été échaffaudé entre Bruno Senna, Ferrari et...un double champion du monde Espagnol que beaucoup savent ne pas avoir tiré un trait sur le cavallino rampante...
Que le Brésilien pourrait ne pas signer chez Honda, car Ferrari, qui fournit en moteurs l'équipe Toro Rosso, pousserait Berger à prendre le neveu de l'illustre champion. Il faut garder un facteur important en tête : la banque Santander va devenir en 2010 le commanditaire-titre de Ferrari, en lieu et place de Marlboro. Santander est intimement lié à deux pilotes : Fernando Alonso et Bruno Senna. Ainsi, Ferrari serait, disent certains bavards, intéressée quand au fait de placer Senna l'an prochain chez Toro Rosso, afin de voir ce qu'il vaut. Toro Rosso a mis 14 millions de dollars sur la table pour que Senna dispute la saison avec eux l'an prochain, au grand dam de Di Grassi, devenu plan B. De la même façon que la Scuderia couvait à l'époque du partenariat avec Sauber les jeunes arrivants talentueux (Massa, parti tester chez Ferrari après sa saison Sauber ; Raïkkönen, que McLaren fut plus prompt à "enlever"), il se dit que Senna est l'objet d'une attention toute particulière de Maranello pour remplacer l'un ou l'autre de ses pilotes en 2011. Et que Santander aurait déjà poussé les Rouges à signer un accord de principe avec Alonso pour que Ferrari ait une option sur l'Espagnol. Un duo Alonso/Senna chez Ferrari en 2011 alors? Cela semblerait fou, aujourd'hui, surtout quand on sait que Massa est un pur produit Ferrari "new generation". Mais gardez ça dans un coin de votre tête, et lisez les rumeurs de transferts dans un an.
A plus courte échéance, observez là où Senna atterrira : Honda ou bien Toro Rosso? Evidemment, on peut trouver maintes raisons de lier Senna à Honda. Mais puisqu'il faut prendre position, j'aurais tendance à me laisser emporter par cet abracadabrantesque scénario. Et s'il n'arrive dans aucun de ces deux teams en tant que titulaire, alors je joue le tapis sur le fait que Bruno a un baquet de test-driver Ferrari dès la saison prochaine. Et vous?
On entend des choses folles jaillir de partout. Les contrats sont faits pour être rompus, ou réinterprétés, de nos jours. Ainsi, il a fallu du temps avant que la tenace rumeur de la venue d'Alonso chez BMW ne prenne fin. En réalité, elle a continué à enfler pendant plusieurs semaines, en dépit de la confirmation de Nick Heidfeld au sein du line-up 2009.
Cela veut-il dire que les négociations se poursuivent après que les annonces officielles sont faites à la presse? Cela peut arriver. Dans ce cas, on parle plutôt d'arrangements. Un contrat moteur, un gros sponsor, une nationalité, un intérêt commun à faire un échange de pilote sont autant de bonnes raisons qui peuvent pousser une équipe à reconsidérer ce qui ne devrait pas l'être.
Dès lors, ne vous étonnez pas si vous entendez cet hiver des rumeurs inquiétantes au sujet d'un possible déchapage hivernal de Nakajima de chez Williams. Certaines personnes disent que si le Japonais a été confirmé, l'équipe n'en reste pas moins à l'affût d'une autre opportunité. Cela veut-il dire que le souriant jeune pilote devra faire ses preuves course après course lors des premiers GP 2009 pour avoir une chance de finir la saison? Probablement pas. Mais la rumeur est la rumeur. Et plus c'est gros, plus on gobe.
La dernière en date, je ne résiste pas à vous la raconter. Elle est aussi grosse et farfelue qu'un hippopotame, mais se propage, et trouve des clients. Elle disparaîtra soudainement. Mais elle est apparue. Et c'est bien ça qui est sympathique, au fonds. Evidemment, elle vient de gens français, des gens qui prennent sans doute plaisir à broder autour d'un scénario qui ne serait pas des plus désagréables pour notre représentant à lunettes!
Alors comme ça, Alonso reste chez Renault en 2009? Alors comme ça, Renault a la pression de Ghosn pour aligner un pilote français?
Les Rumeurs :
N°1 : Fernando pense encore à Ferrari? Eh bien, certains lui ont trouvé un pont. En dépit de ce qui est dit chez les Rouges, on aurait besoin d'un nouveau pilote en 2010, la saison 2011 de Raïkkönen n'étant qu'une option. Nicolas Todt, qui sait cela, manage Sébastien Bourdais, et voit là l'occasion en or : un échange Bourdais/Alonso entre Renault et Toro Rosso en 2009. Bourdais en France, tout le monde (ou presque) est content, Alonso peut rester un an tranquille chez Toro Rosso et être libre pour récupérer l'année suivante le baquet Ferrari et faire équipe avec Massa. Aucun risque d'y perdre en réputation:on sait l'ibère volatile, et on a la sensation depuis quelques temps que pour lui, tous les chemins mènent à Maranello. Sa cote ne peut y perdre, Toro Rosso pourra réaliser des coups d'éclat; dans le cas contraire, on dira que c'est normal car le champion Espagnol n'avait pas la voiture à la mesure de son talent. Quand à Seb, il aura là l'occasion de montrer une seconde saison, avec une machine, et un coéquipier sur le papier moins destructeur de carrière qu'un Vettel, de quel bois il se chauffe.

N°2 - L'autre rumeur que j'ai entendue récemment est intéressante également, beaucoup plus tangible, selon moi, d'autant plus qu'elle semble relativement bien renseignée. Elle dit qu'un plan sur le long terme aurait été échaffaudé entre Bruno Senna, Ferrari et...un double champion du monde Espagnol que beaucoup savent ne pas avoir tiré un trait sur le cavallino rampante...
Que le Brésilien pourrait ne pas signer chez Honda, car Ferrari, qui fournit en moteurs l'équipe Toro Rosso, pousserait Berger à prendre le neveu de l'illustre champion. Il faut garder un facteur important en tête : la banque Santander va devenir en 2010 le commanditaire-titre de Ferrari, en lieu et place de Marlboro. Santander est intimement lié à deux pilotes : Fernando Alonso et Bruno Senna. Ainsi, Ferrari serait, disent certains bavards, intéressée quand au fait de placer Senna l'an prochain chez Toro Rosso, afin de voir ce qu'il vaut. Toro Rosso a mis 14 millions de dollars sur la table pour que Senna dispute la saison avec eux l'an prochain, au grand dam de Di Grassi, devenu plan B. De la même façon que la Scuderia couvait à l'époque du partenariat avec Sauber les jeunes arrivants talentueux (Massa, parti tester chez Ferrari après sa saison Sauber ; Raïkkönen, que McLaren fut plus prompt à "enlever"), il se dit que Senna est l'objet d'une attention toute particulière de Maranello pour remplacer l'un ou l'autre de ses pilotes en 2011. Et que Santander aurait déjà poussé les Rouges à signer un accord de principe avec Alonso pour que Ferrari ait une option sur l'Espagnol. Un duo Alonso/Senna chez Ferrari en 2011 alors? Cela semblerait fou, aujourd'hui, surtout quand on sait que Massa est un pur produit Ferrari "new generation". Mais gardez ça dans un coin de votre tête, et lisez les rumeurs de transferts dans un an.
A plus courte échéance, observez là où Senna atterrira : Honda ou bien Toro Rosso? Evidemment, on peut trouver maintes raisons de lier Senna à Honda. Mais puisqu'il faut prendre position, j'aurais tendance à me laisser emporter par cet abracadabrantesque scénario. Et s'il n'arrive dans aucun de ces deux teams en tant que titulaire, alors je joue le tapis sur le fait que Bruno a un baquet de test-driver Ferrari dès la saison prochaine. Et vous?
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