dimanche 28 décembre 2008
Honda racheté? C'est fait, entend-on ce matin.
Il sauverait ainsi l'ensemble du staff de 800 employés de Brackley.
Button et Senna ont été confirmés, et il n'aurait été fait aucun secret sur le fait que les millions apportés par le jeune Brésilien sont l'un des éléments qui ont pesé dans la balance du choix de ce dernier.
Aucune confirmation officielle n'a été faite pour l'heure.
mardi 18 novembre 2008
Telenova à suspense; la saga de l'hiver
Les telenovelas, ce sont ces feuilletons hispanophones qui connaissent un grand succès auprès de la ménagère latina, et qui animent le petit écran de milliers de foyers en Amérique Latine ou de l'autre côté des Pyrénées.
Et un feuilleton Brésilien passionnant à suivre, en ce moment, c'est celui de la saga Honda/Toro Rosso, et en particulier, la trajectoire de Bruno Senna.
Résumé des épisodes précédents. Bruno Senna est le neveu d'Ayrton. Sa famille ne voulait pas qu'il coure en compétition automobile, en raison du funeste destin de son illustre ainé, devenu légende du sport; l'incarnation de la sagesse et de la compétition à son stade le plus passionné. Ayrton Senna fut, et restera une reférence, peut-être la référence du pinacle du sport automobile. Adulé ou haï, comme tous les grands champions, il ne laissait en tous les cas pas indifférent.
« Si vous croyez que je suis rapide, attendez de voir mon neveu », dit un jour Ayrton alors qu'un documentaire était filmé sur lui, en compagnie de Bruno, encore bambin, qu'il défiait à jet-ski.
Aujourd'hui, Bruno a grandi. C'est un jeune homme avec une trajectoire assez hors du commun pour un pilote professionnel, dans la mesure où il n'a que quatre saisons d'expérience de courses sur circuits, contrairement à ses homologues, qui, à 25 ans, ont plus de 15 ans de bouteille.
Avant que l'on ne m'accuse de bourrage de mou, mettons les choses clairement à plat : oui, je suis un admirateur de Bruno. Je n'énumèrerai pas là les maintes raisons faisant que le jeune Brésilien suscite tant d'intérêt chez moi depuis que j'ai appris qu'il courrait en GP2 en 2007, mais le fait est que son magnétisme fonctionne sur moi. Il ne s'agit pas de nostalgie, de réminiscences... Je n'ai que peu connu l'ère d'Ayrton, et avais pour idoles Mansell, Berger ou Alesi, Irvine et Coulthard.
C'est facile à dire aujourd'hui, au vu des circonstances, mais depuis que j'ai commencé à suivre la carrière de Bruno début 2007, je n'ai jamais douté du fait qu'il arriverait à monter les échelons menant à la discipline reine. Encore plus cette année, avant que les premières rumeurs l'annonçant chez Toro Rosso ne jaillissent, il paraissait inconcevable à mes yeux que le marché des transferts hivernaux ne soit largement alimenté par les spéculations au sujet de l'avenir du Brésilien. Et ce, même en dépit de résultats ébouriffants. Le fait est que Bruno s'est bien battu, restant en lice jusque dans la dernière manche pour le titre face à Giorgio Pantano, finalement couronné à Monza. De la même façon que j'ai eu la chance d'avoir conscience du phénomène Hamilton depuis l'âge de 16 ans, Senna a attisé ma curiosité, et je crois en lui.
Je me rappelerai toujours de ma première rencontre en tête-à-tête avec lui, en Hongrie cette année. Alors attablé dans le motorhome d'hospitalité du GP2 avec sa garde rapprochée féminine, et me voyant arriver avec ma veste Bridgestone, Bruno s'est levé, est venu me serrer la main, m'a adressé quelques mots dans un anglais impeccable, et m'a indiqué où se trouvait la machine à expresso! Je ne pense pas que Bruno pourra encore se permettre cette proximité avec chacun une fois en F1, mais les bases ont été posées en un quart de seconde. N'y voyez pas une attitude marketing calculée ou une arrière-pensée intéressée de la part du Brésilien. Il est juste franchement sympathique et cordial. Bien entendu, Pedro Diniz l'était aussi, à son époque! Et cela ne suffit pas, bien entendu, pour être pilote au niveau visé par Senninha!
Il est pas étonnant que Bruno, oublions son nom de famille et sa ressemblance physique avec son oncle un instant, connaisse une ascension telle que celle qu'il vit actuellement. Ce caractère, ce professionnalisme et son approche de la course en font déjà un grand communiquant, une promesse d'avenir glorieux : un jeune homme qui a compris qu'être pilote de course, c'est être rapide, mais aussi savoir être metteur au point, être capable de fédérer une équipe autour de soi pour qu'elle donne le meilleur d'elle-même, savoir être disponible avec les sponsors, qu'il attire comme des mouches (là, son nom est un vrai atout) ou encore les journalistes; faire partie du milieu, dans sa globalité. Bruno a ainsi fait le choix de loger dans un motorhome privé, aux abords des pistes de courses, tout comme le faisaient Coulthard ou Villeneuve avant lui.
Mais revenons à notre feuilleton, si vous le voulez bien. Le fait est que Bruno n'est pas le seul Brésilien talentueux à vouloir son baquet en F1. Outre le vice-champion GP2 2007 Nelsinho Piquet, qui est parvenu, après une période de doutes, à conserver son volant Renault, la concurrence venant du pays de la samba est rude. Rubens Barrichello, le pilote ayant pris part au plus grand nombre de GP de toute l'histoire de la F1, ainsi que Lucas Di Grassi, l'un des grands rivaux de Senna en GP2 cette saison, sont tous deux bien décidés à obtenir leur titre de transport dans l'une des 20 monoplaces les plus rapides du monde en 2009.
Les possibilités pour piloter en F1 l'an prochain sont désormais limitées. Tout semble bloqué du côté de Force India, qui vient d'officialiser un partenariat technique avec McLaren Mercedes. Woking va s'empresser de tenter de placer ses protégés en Pedro de la Rosa ou Paul Di Resta, sachant que Fisichella et Sutil ont déjà, en théorie, également, un contrat 2009. Restent donc un baquet Honda -celui de Rubens Barrichello- et un, peut-être deux, sièges chez Toro Rosso. Senna, Di Grassi, et Barrichello sont en course pour le volant Honda. Quoiqu'il en soit, c'est un Brésilien qui décrochera la timballe d'argent, Petrobras, le pétrolier Brésilien sponsor de Honda, poussant pour avoir du sang neuf local.
A la liste des candidats au volant Toro Rosso viennent s'ajouter le Suisse Sébastien Buemi, le même-pas-mort Takuma Sato, et le pas-encore-abattu Sébastien Bourdais, visiblement loin d'être sûr de se voir donnée la chance de rempiler. Senna aurait lui reçu une offre de 14 millions de dollars de l'équipe, qui revendique pourtant des difficultés à boucler son budget 2009 (et ainsi le maintien de Bourdais dans l'équipe).
Ces deux derniers jours, à Barcelone, Di Grassi et Senna ont eu de façon équitable le volant de la Honda, et ont été étalonnés par rapprot à la référence maison en la personne de Jenson Button. Alex Wurz, pilote d'essai, a également été sollicité pour juger du feedback des deux apprentis. Ross Brawn et toute l'équipe verte ont également appuyé le test de nombreuses visites des deux pilotes GP2 à l'usine du team. Tous deux ont été capables de s'aligner de façon convaincante face à la tâche qui leur a été présentée, et l'on se gratte maintenant la tête du côté de chez Honda pour savoir quelle suite donner à cette évalution.
C'est alors que j'ai une pensée pour Luca Filipi, qui va connaître d'ici peu le symptôme Nick Heidfeld : Ayant été soutenu par Honda F1 et leur pilote essayeur ces deux dernières saisons, le jeune Italien, 4ème du championnat GP2 en 2007 et 19ème cette saison, et critiqué ouvertement par son ancien employeur Frédéric Vasseur (ART GP), va voir tous ces jeunes gens lui ravir la place qu'il pensait tenir dans le coeur de l'équipe Nippone. Heidfeld avait été formé à l'école Mercedes et pensait tenir son passe-droit pour l'équipe McLaren pour la saison 2002 une fois Häkkinen parti à la retraite; mais c'est son coéquipier Sauber Kimi Raïkkönen qui avait décroché le pompon. Filipi aura sans doute beaucoup de mal à se remettre de cette situation, n'étant plus, de loin, l'un des favoris à court, ni même moyen terme, pour accéder à la F1.
Comme dans toute bonne Telenovela qui se respecte, il faut un héros mis en exergue par un farouche rival, et troisième larron, dindon de la farce...
Vidéo Auto/Moto retraçant la carrière pré-GP2 de Bruno Senna et sa relation avec Ayrton.
Le site web officiel de Bruno Senna (anglais)
http://www.brunosenna.com.br/index_new.asp
Le site officiel de Lucas di Grassi (anglais)
http://www.lucasdigrassi.com.br/eng_home.php
mardi 11 novembre 2008
Du vent, du vrai, du vent...
On entend des choses folles jaillir de partout. Les contrats sont faits pour être rompus, ou réinterprétés, de nos jours. Ainsi, il a fallu du temps avant que la tenace rumeur de la venue d'Alonso chez BMW ne prenne fin. En réalité, elle a continué à enfler pendant plusieurs semaines, en dépit de la confirmation de Nick Heidfeld au sein du line-up 2009.
Cela veut-il dire que les négociations se poursuivent après que les annonces officielles sont faites à la presse? Cela peut arriver. Dans ce cas, on parle plutôt d'arrangements. Un contrat moteur, un gros sponsor, une nationalité, un intérêt commun à faire un échange de pilote sont autant de bonnes raisons qui peuvent pousser une équipe à reconsidérer ce qui ne devrait pas l'être.
Dès lors, ne vous étonnez pas si vous entendez cet hiver des rumeurs inquiétantes au sujet d'un possible déchapage hivernal de Nakajima de chez Williams. Certaines personnes disent que si le Japonais a été confirmé, l'équipe n'en reste pas moins à l'affût d'une autre opportunité. Cela veut-il dire que le souriant jeune pilote devra faire ses preuves course après course lors des premiers GP 2009 pour avoir une chance de finir la saison? Probablement pas. Mais la rumeur est la rumeur. Et plus c'est gros, plus on gobe.
La dernière en date, je ne résiste pas à vous la raconter. Elle est aussi grosse et farfelue qu'un hippopotame, mais se propage, et trouve des clients. Elle disparaîtra soudainement. Mais elle est apparue. Et c'est bien ça qui est sympathique, au fonds. Evidemment, elle vient de gens français, des gens qui prennent sans doute plaisir à broder autour d'un scénario qui ne serait pas des plus désagréables pour notre représentant à lunettes!
Alors comme ça, Alonso reste chez Renault en 2009? Alors comme ça, Renault a la pression de Ghosn pour aligner un pilote français?
Les Rumeurs :
N°1 : Fernando pense encore à Ferrari? Eh bien, certains lui ont trouvé un pont. En dépit de ce qui est dit chez les Rouges, on aurait besoin d'un nouveau pilote en 2010, la saison 2011 de Raïkkönen n'étant qu'une option. Nicolas Todt, qui sait cela, manage Sébastien Bourdais, et voit là l'occasion en or : un échange Bourdais/Alonso entre Renault et Toro Rosso en 2009. Bourdais en France, tout le monde (ou presque) est content, Alonso peut rester un an tranquille chez Toro Rosso et être libre pour récupérer l'année suivante le baquet Ferrari et faire équipe avec Massa. Aucun risque d'y perdre en réputation:on sait l'ibère volatile, et on a la sensation depuis quelques temps que pour lui, tous les chemins mènent à Maranello. Sa cote ne peut y perdre, Toro Rosso pourra réaliser des coups d'éclat; dans le cas contraire, on dira que c'est normal car le champion Espagnol n'avait pas la voiture à la mesure de son talent. Quand à Seb, il aura là l'occasion de montrer une seconde saison, avec une machine, et un coéquipier sur le papier moins destructeur de carrière qu'un Vettel, de quel bois il se chauffe.

N°2 - L'autre rumeur que j'ai entendue récemment est intéressante également, beaucoup plus tangible, selon moi, d'autant plus qu'elle semble relativement bien renseignée. Elle dit qu'un plan sur le long terme aurait été échaffaudé entre Bruno Senna, Ferrari et...un double champion du monde Espagnol que beaucoup savent ne pas avoir tiré un trait sur le cavallino rampante...
Que le Brésilien pourrait ne pas signer chez Honda, car Ferrari, qui fournit en moteurs l'équipe Toro Rosso, pousserait Berger à prendre le neveu de l'illustre champion. Il faut garder un facteur important en tête : la banque Santander va devenir en 2010 le commanditaire-titre de Ferrari, en lieu et place de Marlboro. Santander est intimement lié à deux pilotes : Fernando Alonso et Bruno Senna. Ainsi, Ferrari serait, disent certains bavards, intéressée quand au fait de placer Senna l'an prochain chez Toro Rosso, afin de voir ce qu'il vaut. Toro Rosso a mis 14 millions de dollars sur la table pour que Senna dispute la saison avec eux l'an prochain, au grand dam de Di Grassi, devenu plan B. De la même façon que la Scuderia couvait à l'époque du partenariat avec Sauber les jeunes arrivants talentueux (Massa, parti tester chez Ferrari après sa saison Sauber ; Raïkkönen, que McLaren fut plus prompt à "enlever"), il se dit que Senna est l'objet d'une attention toute particulière de Maranello pour remplacer l'un ou l'autre de ses pilotes en 2011. Et que Santander aurait déjà poussé les Rouges à signer un accord de principe avec Alonso pour que Ferrari ait une option sur l'Espagnol. Un duo Alonso/Senna chez Ferrari en 2011 alors? Cela semblerait fou, aujourd'hui, surtout quand on sait que Massa est un pur produit Ferrari "new generation". Mais gardez ça dans un coin de votre tête, et lisez les rumeurs de transferts dans un an.
A plus courte échéance, observez là où Senna atterrira : Honda ou bien Toro Rosso? Evidemment, on peut trouver maintes raisons de lier Senna à Honda. Mais puisqu'il faut prendre position, j'aurais tendance à me laisser emporter par cet abracadabrantesque scénario. Et s'il n'arrive dans aucun de ces deux teams en tant que titulaire, alors je joue le tapis sur le fait que Bruno a un baquet de test-driver Ferrari dès la saison prochaine. Et vous?









